Rien de ce que je vois ne signifie quoi que ce soit

C’est la première leçon et elle pose d’emblée la détermination du cours à nous déconditionner de nos perceptions quotidiennes.

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On vit dans un certain environnement composé d’objets qui ont pour nous un sens bien particulier. Une table n’est pas un assemblage hétéroclite mais une organisation fonctionnelle qui vise une utilité bien ciblée. De même une chaise, un lit, une fenêtre, une bibliothèque…

Le cours nous demande d’oublier ce sens pour juste poser un regard neutre sur notre environnement. On peut se demander si c’est seulement possible étant donné que nous fonctionnons avec des catégories sémantiques qui ordonnent la réalité. Et puis n’est-il pas anodin de considérer une table pour son usage : poser des objets en hauteur pour ne pas les laisser au sol ? En quoi le fait d’oublier cet usage serait-il un pas en direction de notre réalité ?

Le cours nous demande de juste faire les expériences proposées parce que nous sommes dans l’incapacité d’en évaluer la pertinence. En gros de faire confiance. Et puis qu’avons-nous à perdre ?

Le fait de laisser un peu s’échapper le sens des objets à pour effet immédiat un retour en soi, c’est du moins l’effet que cela me procure. La localisation perceptuelle a tendance à se diluer dans le monde que nous avons créé et, au lieu de le diriger, nous en sommes comme immergé, éparpillé, dispersé. Le désinvestissement de ce qui se présente en fait comme une contrainte a pour résultat un rassemblement de notre perception en un point focal qui, au lieu de nous perdre dans une multitude de sens, nous rassemble dans une vision.

On pourrait reformuler cette leçon en « oublie un peu ce monde dans lequel tu t’oublies un peu plus chaque jour, dans lequel tu sautes d’une chose à une autre sans jamais te trouver, auquel tu accordes le pouvoir et le privilège d’offrir un sens à ta vie composé d’une multitude de petites touches qui te donnent l’impression finale d’un tableau pointilliste qui te fascine sans te montrer qu’en réalité tu t’égares ».

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Il me semble que reformuler chaque leçon dans son propre langage, avec ses propres mots, est de nature à mieux nous approprier le message de ce cours.

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