Révélation, temps et miracles

Voilà un chapitre qui m’a encore beaucoup parlé. Il démarre de façon assez abrupte : « La révélation induit une suspension complète mais temporaire du doute et de la peur ». Il est dit plus loin que « la révélation t’unit directement à Dieu ». Cette notion de temporalité est quasi permanente dans le cours… et dans notre vie. La révélation est un moment magique de fusion avec le Créateur qui est effectivement intensément personnelle mais je ne suis pas sûr qu’il soit impossible de la traduire en mots comme cela est affirmé.

J’ai eu la chance d’en vivre une et j’en ai discuté avec mes amis, j’ai raconté et raconté encore. Il me semble que mes mots en offrait un témoignage pertinent, c’est du moins l’impression que j’en ai eue. Même s’il s’agit d’une expérience d’une nature et d’une intensité sortant du champ de ce que l’on vit habituellement, le fait que nous soyons tous fondamentalement identiques donne la possibilité de témoigner en instaurant une résonance subtile propre au partage.

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Dans le chapitre la révélation est considérée en opposition au miracle. Si la première est une relation directe (verticale) avec Dieu, la seconde est une relation (horizontale) interpersonnelle. On nous dit que les miracles sont indispensables parce qu’ils instaurent une relation entre égaux. On nous dit aussi, ou plutôt Il nous dit qu’il est entre nous et Dieu comme une passerelle sinon la distance serait trop grande pour qu’on puisse l’atteindre. Il est évidemment plus facile d’accepter cette dernière proposition plutôt que la précédente, on a souvent une notion de l’égalité à géométrie variable en nous sentant parfois plus haut, parfois plus bas que les autres. J’aime bien le passage où on nous dit qu’il faut respecter l’expérience et obéir à la sagesse mais que la révérence doit être réservée au créateur. Ça me fait penser à tous ces gourous qui se présentent comme le représentant de ce créateur que l’on doit évidemment révérer…

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La phrase « Le miracle minimise le besoin de temps » est intéressante de même que le miracle « introduit un intervalle d’où le donneur et le receveur émergent tous deux plus loin dans le temps qu’il n’en aurait été autrement ». En gros les miracles nous font gagner du temps, des milliers d’années semble-t-il. On ne nous dit pas par contre si la révélation a le même effet. Elle suspend le temps de façon plus prolongée que le miracle en montrant son irréalité mais elle n’a pas le pouvoir de le supprimer définitivement. Conclusion : soit on prend son temps en se contentant de cultiver tranquillement son jardin tout en regardant passer langoureusement les saisons, soit on va bêcher le champ du voisin.

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