Je ne vois que le passé

On se représente souvent le présent comme si fugace et imperceptible qu’il paraît fort improbable d’y séjourner longuement, et pourtant…

clock

Pourtant il n’existe que cela.

tu as besoin de nouvelles idées sur le temps

Cette leçon parle du passé, du fait que toutes nos perceptions en sont imprégnées à un tel point que ça crée un écran opaque devant le réel. Nous ne voyons pas ce qui est parce que nous superposons spontanément ce que nous savons au sujet du monde. Autrement dit nous l’avons en quelque sorte figé dans une version simplifiée et maîtrisée.

Pourquoi faisons-nous cela ? Sans doute parce que c’est ainsi que nous apprenons, que nous nous repérons, que nous apprivoisons le monde et que nous devenons ainsi adapté et efficace. Ce serait vraiment laborieux de tout réapprendre chaque matin ! Ainsi cette empreinte du passé est incontournable pour notre apprentissage perceptuel et cognitif.

Le cours ne fait-il qu’énoncer ici une évidence ? Il me semble que le mot essentiel dans la phrase clé de cette leçon est le « que » :

Je ne vois que le passé

Il n’est pas vraiment gênant de voir le passé, c’est une composante essentielle de notre vécu. Ce qui est pointé ici est le fait de ne voir que cela.

autumn

On rate ainsi le plus important : ce qui nous est proposé à chaque instant. On rate ainsi les multiples occasions que la vie nous offre à la fois comme un miroir et une ouverture. On ne réalise pas que la seule réalité est juste là dans cet instant qui, loin d’être le pont fugace entre un passé révolu et un futur hypothétique, est en fait la totalité de notre être illimité…

On pourrait sans doute élaborer la même réflexion concernant le futur mais ce n’est pas l’objet de cette leçon…

2 Comments

  1. ANNIE

    Sans effort personnel pour faire un « arrêt sur image », on ne voit que le passé; c’est une évidence.
    Cette leçon m’interroge sur la ou les solutions pour échapper au temps? Quelles sont les plus habiles stratégies pour ne pas mécaniquement rester emprisonné dans les griffes du passé et du futur?
    Méditation? Silence intérieur?Lecture du cours? Être à proximité d’êtres « reliés »?
    Quelles conditions peuvent nous aider? Être face à la beauté de la nature? La forêt, la mer, une grotte? L’art? Certaines musiques? Un jeûne?…
    Ou encore, le pardon? Se libérer du temps dans l’instant saint du pardon?

    • Maurice

      Un « arrêt sur image » ce n’est pas la vie, c’est son contraire. Le temps est un concept pour parler du flux qui nous traverse et nous transporte.
      Ça me rappelle la métaphore de celui qui veut traverser une rivière au courant impétueux et qui s’épuise à vouloir rejoindre l’autre rive par le chemin le plus court. Alors qu’il suffit de se laisser porter par le courant en dérivant peu à peu vers l’autre bord.
      Il ne sert à rien de se focaliser sur la libération du temps parce que cela n’a rien de concret et opérationnel. Par contre accueillir la vie à chaque instant est plus productif.
      Les démons du passé sont d’autant plus forts qu’on ne s’ancre pas dans la réalité qui nous tend en permanence ses bras. De la même façon les mirages du futur prennent toute leur ampleur en proportion de notre abandon de notre immédiateté.

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