Entièreté et pur-esprit

Le miracle ressemble beaucoup au corps en ceci qu’ils sont tous deux des aides à l’apprentissage servant à faciliter un état dans lequel ils ne sont plus nécessaires

Notre rapport au corps peut être problématique ou merveilleux, ça dépend de beaucoup de facteurs. Toujours est-il qu’il n’a rien d’anodin et qu’il est le vecteur fondamental de notre incarnation.

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Le cours nous propose d’envisager le corps comme une aide à l’apprentissage. Il dit que, puisqu’il découle d’une erreur, autant en profiter pour l’utiliser pour corriger cette erreur. Mais c’est une chose de se dire qu’on va quelque part avec ce véhicule transitoire, c’en est une autre d’envisager une vie sans lui…

C’est par le corps qu’on perçoit, qu’on communique, qu’on éprouve du plaisir ou de la douleur, qu’on vit et qu’on meurt. La question est : est-on capable d’expérimenter quelque chose qui ne relève pas du corps ? Même lorsqu’on rêve c’est encore une organisation de perceptions qui étaient à la base corporelles, mais livrées à une forme de liberté autorisée par l’absence de prise directe avec l’immédiateté de la présence au monde.

Le corps parle du pur-esprit, en opposition avec l’esprit. Ce pur-esprit n’a besoin ni du corps, ni des miracles. Il dit que tant qu’on croit vivre dans un corps autant choisir une voie rapide en accomplissant des miracles et en comprimant le temps le plus possible pour accélérer le retour. Le raisonnement est implacable de logique mais…

Mais on est ainsi faits qu’on aime bien avoir au moins un signe qu’on est sur la bonne voie. La condition humaine peut se vivre comme une frêle embarcation perdue sur un océan houleux. On peut savoir qu’il y a un côte quelque part, une terre ferme où on pourra enfin poser le pied, en attendant la seule expérience consiste dans cette houle incessante qui chahute le frêle esquif. Il est alors fort rassurant de distinguer, ne serait-ce qu’un instant, cette côte tant espérée.

Pour vivre autre chose que la servitude corporelle, même si celle-ci peut procurer de grands plaisirs, et pour obtenir autre chose que des promesses de perfection future, il faut amorcer ce retour vers soi dans une intimité qui, loin de circonscrire l’expérience à une focalisation solitaire, ouvre au contraire à une autre dimension qui transcende celle que nous avons laborieusement élaborée à partir des perceptions corporelles.

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En fait le pur esprit ne s’atteint pas, ce n’est pas un voyage mais au contraire l’arrêt de nos fonctionnement habituels. Juste être là dans la simplicité de notre nature fondamentale. Il est important de vivre ces instants magiques de l’évidence, en ce lieu où nos questionnements ne trouvent pas leurs réponses mais leur facticité.

Le pur-esprit est donc inaltérable parce qu’il est déjà parfait, mais l’esprit peut décider ce qu’il choisit de servir

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